Shayp, un capteur sur le compteur d’eau pour repérer les fuites que personne ne voit

Alexandre McCormack (Shayp) : Shayp propose un outil pour détecter les fuites d'eau et gérer sa consommation - 30 01

Une fuite cachée ne fait pas de bruit : un WC qui coule en continu ou un adoucisseur qui déraille alourdissent la facture sans que rien ne se voie. Shayp, startup cofondée par Alexandre McCormack, propose un boîtier à fixer sur le compteur d’eau déjà en place, qui surveille la consommation en continu et signale les anomalies. L’entreprise indique que sa technologie opère dans 12 pays, dont la France.

Un boîtier sur le compteur, sans toucher à la plomberie

Le principe tient en peu de choses : le capteur se fixe sur le compteur existant, relève la consommation et envoie des données chaque minute à une plateforme d’analyse. C’est elle qui détecte les anomalies et pose un diagnostic de fuite. Pas de travaux sur le réseau intérieur, pas de coupure d’eau annoncée : l’appareil se contente de lire ce que le compteur mesure déjà.

Côté suivi, l’entreprise annonce une autonomie d’environ dix ans pour le boîtier et aucun besoin de connexion internet dans le bâtiment. Les alertes arrivent par SMS, ou se consultent en ligne. Ces caractéristiques sont celles que revendique Shayp ; elles n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante. Reste un point que les sources ne détaillent pas : la compatibilité avec tous les modèles de compteurs. Avant toute démarche, repérez la marque et le type de votre compteur, ou demandez à votre syndic ou à votre distributeur de les indiquer.

Repérer la fuite et en deviner l’origine

Savoir que la consommation dérive ne suffit pas pour agir. L’algorithme de Shayp cherche aussi à identifier la nature de la fuite : toilettes qui coulent, adoucisseur défectueux, par exemple. Ces cas sont des exemples, pas une liste complète de ce que l’outil reconnaît. L’intérêt est pratique : on sait quel appareil aller vérifier au lieu de chercher à l’aveugle dans tout le bâtiment.

L’enjeu financier est bien réel. Selon Alexandre McCormack, une toilette qui coule représente environ 700 € par an ; c’est une estimation du fondateur, pas une mesure valable pour tous les logements, car le coût réel dépend du volume perdu et du prix de l’eau chez vous. L’idée de l’entreprise est d’ailleurs née d’un constat de ce genre : plus de 300 000 € de frais de fuites découverts dans 70 bâtiments d’une commune bruxelloise, récit rapporté par le fondateur et l’entreprise. Pour comprendre à quoi ressemble une fuite de réseau côté usagers, le cas de cette commune lorraine touchée par une deuxième fuite donne une idée des conséquences concrètes.

Une limite à garder en tête : les sources ne disent pas si une fuite située en amont du compteur, ou sur un réseau extérieur au bâtiment, serait détectée. Un capteur posé sur le compteur mesure ce qui le traverse ; on ne peut donc pas affirmer qu’il couvre ces cas.

Ce que disent les chiffres de l’entreprise, et ce qu’ils ne disent pas

Shayp indique opérer dans 12 pays, dont la France, et publie un bilan 2025 : 6 953 compteurs connectés auraient permis d’économiser plus de 10 millions de m³ d’eau. Ces chiffres viennent de l’entreprise elle-même et la recherche disponible ne mentionne aucune vérification indépendante. Ils disent ce que Shayp déclare avoir obtenu sur son parc de clients, pas ce que vous économiserez.

Autre précaution : les exemples cités concernent surtout des parcs de bâtiments. L’accès à l’offre pour un logement individuel ou une petite copropriété n’est pas documenté, pas plus que sa disponibilité réelle pour un bâtiment donné dans un pays donné. Shayp a aussi lancé en 2025 le programme 4Impact, où des partenaires d’entreprise financent l’installation du suivi dans des bâtiments publics comme des écoles ; cela concerne les gestionnaires publics plus que les particuliers.

Se renseigner ou surveiller soi-même

Si vous gérez plusieurs bâtiments, un parc tertiaire ou du patrimoine public, c’est là que l’intérêt est le mieux documenté : un contact avec Shayp, ou avec une solution équivalente, se justifie. Posez-leur les questions que la recherche laisse ouvertes : compatibilité avec vos compteurs, disponibilité chez vous, cas des fuites en amont du compteur, conditions commerciales.

Pour un logement individuel, rien ne confirme que l’offre soit accessible. Le plus raisonnable est de surveiller soi-même son compteur : relever l’index le soir, puis le matin, sans aucun soutirage entre les deux, et vérifier s’il a bougé. Un index qui tourne alors que tout est fermé signale une fuite quelque part.