Lunibloc : le gabarit de maçon qui change la pose des parpaings

Lunibloc

Un outil bricolé dans un garage en Bretagne, sélectionné parmi les six meilleures inventions d’un concours TF1, et que vous ne trouverez jamais chez Leroy Merlin.

Le lunibloc a tout d’un objet de niche – et pourtant, les maçons amateurs qui l’ont essayé ne reviennent plus à la ficelle tendue à la main.

Ce qu’est vraiment le lunibloc et d’où il vient

Avant toute chose, un avertissement utile : le mot « lunibloc » désigne deux produits qui n’ont rien à voir. Le premier est un bloc béton préfabriqué, lourd, livré par camion-grue, utilisé pour clôtures et soutènements.

Le second – celui dont il est question ici – est un gabarit de pose, un outil de chantier destiné à guider la mise en oeuvre des parpaings rang par rang.

Ce gabarit prend la forme d’un cadre ajustable que l’on fixe aux deux extrémités du mur à monter. Il sert de référence d’aplomb et de niveau pour chaque rang, en remplacement des cordeaux traditionnels.

Son inventeur, un artisan français passionné par l’outillage, a déposé un brevet et présenté l’outil dans les pages de Système D et de Que Choisir.

En 2008, le lunibloc a été retenu parmi les six premières inventions du concours innovation de TF1 – une reconnaissance grand public inhabituelle pour un outil aussi spécialisé.

L’outil est réglable pour des parpaings de 10 à 27 cm de largeur et conçu pour être utilisé aussi bien par des droitiers que des gauchers, grâce à une conception réversible.

Quels gains concrets peut-on attendre de cet outil?

Lunibloc

Les chiffres circulant sur les forums spécialisés sont cohérents entre eux : 20 à 35 % de temps gagné par rang posé, selon le niveau d’expérience du maçon et la longueur du mur.

Sur un mur de garage de 10 mètres linéaires, c’est une demi-journée récupérée sur un chantier d’une semaine.

La réduction de mortier est moins spectaculaire mais réelle : entre 10 et 15 % selon les retours d’utilisateurs.

Sur un garage de 50 m², cela représente trois à cinq sacs économisés – pas négligeable quand le sac de mortier bâtard tourne autour de 8 à 12 euros l’unité.

La tolérance admise par l’outil est de 2 mm d’écart sur 2 mètres linéaires.

C’est la précision que l’on attend d’un maçon professionnel, et elle est difficile à tenir manuellement sur la durée d’un chantier quand la fatigue s’installe. Le gabarit, lui, ne se fatigue pas.

Ces performances sont conditionnées à un usage correct. L’outil donne son plein rendement sur des murs droits, de longueur supérieure à 3 mètres, avec des parpaings standards.

Sur des angles complexes ou des murs courbes, la mise en oeuvre demande davantage d’adaptation.

Où acheter un lunibloc et à quel prix?

Le lunibloc gabarit ne se vend pas en grande surface de bricolage. Vous ne le trouverez pas en rayon chez Castorama, ni en ligne sur les grandes plateformes de marketplace généralistes.

Le canal de vente unique reste le blog de l’inventeur, hébergé sous le domaine lunibloc.bricoblog.fr, ce qui en fait un achat direct, sans intermédiaire.

Les prix ont évolué depuis le lancement. À l’époque du concours TF1, les premiers modèles étaient proposés entre 114 et 124 euros frais compris selon la version. Depuis, la gamme s’est étoffée :

  • Versions plastique allégé : entre 30 et 50 euros
  • Versions métal, plus robustes : entre 60 et 80 euros
  • Modèles récents, renforcés : jusqu’à 300 euros selon les options

La disponibilité reste aléatoire – l’inventeur produit à la commande, et les délais peuvent s’étirer selon la charge de travail. C’est le revers d’un outil artisanal fabriqué sans chaîne de production industrielle.

Pour le bloc béton préfabriqué « lunibloc », le sujet est différent : le prix unitaire varie entre 40 et 90 euros selon le format, mais le bloc le plus compact pèse déjà environ une tonne.

Le transport par camion-grue, obligatoire, peut doubler la facture totale dès que vous dépassez 80 à 100 km du point de livraison.

Fabriquer un lunibloc soi-même : ce qu’il faut savoir

Lunibloc avis

La version DIY est tout à fait réalisable, et plusieurs bricoleurs l’ont documentée sur des forums de maçonnerie.

Le principe est simple : deux montants verticaux reliés par des traverses réglables, calés sur les extrémités du mur, le tout maintenu d’aplomb par un niveau à bulle intégré ou fixé.

La liste de matériaux nécessaires reste courte :

  • Deux règles de maçon (aluminium ou acier, longueur adaptée à la hauteur du mur)
  • Des tiges filetées pour les traverses réglables
  • Des boulons papillon pour les réglages rapides
  • Un niveau à bulle
  • Des serre-joints ou colliers de serrage

Le coût estimé tourne autour de 50 euros en matériaux, pour environ deux heures de fabrication. C’est nettement moins cher que le modèle commercial, mais la version maison comporte des limites réelles.

Elle est moins précise sur le réglage fin, plus lourde à manipuler, et moins rapide à installer et désinstaller d’un rang à l’autre. Sur un chantier d’une semaine, cette lenteur finit par peser.

La version DIY convient pour un chantier unique, quand l’investissement dans l’outil breveté ne se justifie pas économiquement. Pour des chantiers répétés, la différence de confort et de précision se fait sentir dès le deuxième mur.

Le lunibloc vaut-il vraiment son prix face aux alternatives?

La réponse honnête dépend de votre profil et du volume de travail prévu. Posons les trois options côte à côte :

OptionCoûtPrécisionPour qui?
Méthode classique (cordeau)5-10 €VariableMaçon expérimenté
Version DIY~50 €CorrecteChantier unique, budget serré
Lunibloc acheté60-300 €2 mm / 2 mAmateur régulier ou pro

Pour un particulier qui monte un seul mur de garage dans sa vie, la version DIY à 50 euros suffit amplement.

Pour quelqu’un qui pose des parpaings deux ou trois fois par an – extension, abri de jardin, mur de clôture – l’outil breveté s’amortit rapidement : le gain de temps sur deux chantiers compense le surcoût.

En revanche, un maçon professionnel aguerri, qui tient ses rangs à la ficelle depuis quinze ans les yeux fermés, n’en tirera pas grand-chose.

Le lunibloc est conçu pour ceux qui manquent de repères automatiques – pas pour ceux qui en ont trop.

Un outil breveté dans un garage breton, ignoré des grandes surfaces, et qui fait poser du parpaing à 2 mm près : il y a quelque chose d’assez cohérent là-dedans.