Hôtel de police de Marseille : l’Évêché sera rénové et agrandi, Saint-Pierre abandonné

Bouches-du-Rhône : rénovation de l’hôtel de police de Marseille à l’Évêché

Le ministère de l’Intérieur renonce au transfert de l’hôtel de police de Marseille vers la caserne Saint-Pierre et retient la rénovation et l’agrandissement du site historique de l’Évêché, chiffrés à 130 millions d’euros à titre prévisionnel. L’information a été publiée en premier par Made in Marseille le 29 septembre 2026, puis reprise par Le Moniteur le 20 octobre 2026. Le projet n’en est qu’aux études préliminaires, pilotées par le SGAMI Sud : aucun calendrier de travaux n’est connu à ce jour.

Un revirement après des années de retard

Le projet initial prévoyait de bâtir un nouvel hôtel de police sur le terrain occupé par une compagnie de CRS. Emmanuel Macron l’avait relancé en 2021. Il avait pourtant déjà pris du retard : la CRS 54 n’avait pas quitté son cantonnement, que le chantier devait détruire pour libérer l’emprise.

Le choix de l’Évêché avait été préparé en amont. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait annoncé à La Provence, un 13 février (la recherche ne précise pas l’année), que le futur « grand hôtel de police » serait situé à l’Évêché. La décision de rénover et d’agrandir ce site, en abandonnant Saint-Pierre, a été rendue publique à l’automne 2026.

Ce que le chantier comprendra à l’Évêché

L’Évêché est un ancien palais épiscopal du XVIIe siècle, dans le 2e arrondissement, au pied du Panier. Les policiers l’occupent depuis 1908. Les sources disponibles ne détaillent ni la nature des travaux, ni les surfaces, ni le phasage, ni les contraintes propres à un bâtiment de cet âge : mieux vaut ne pas extrapoler sur ces points.

Le périmètre, lui, est documenté. Le site accueillera la direction zonale, la police judiciaire et les services de soutien, soit environ 1 250 fonctionnaires concernés. Le projet prévoit aussi :

  • l’amélioration des capacités de stationnement ;
  • des aménagements pour faciliter l’électrification du parc automobile ;
  • la construction de trois cantonnements pour les CRS.

Pour un lecteur du secteur, ce dernier point change la nature de l’opération : il ne s’agit pas seulement de remettre à niveau un bâtiment existant, mais d’y adjoindre des constructions neuves.

130 millions d’euros : ce que le chiffre couvre et ce qu’il ne dit pas

Le coût prévisionnel de la rénovation de l’Évêché est estimé à 130 millions d’euros. C’est une estimation de départ, établie avant la fin des études : elle n’a rien d’un budget définitif et peut bouger avec leurs résultats.

Elle ne représente pas non plus le coût du programme entier. L’opération s’inscrit dans Marseille en Grand, qui prévoit la restructuration immobilière de sept sites sur environ dix ans. Aucun budget d’ensemble ni aucune répartition par site ne figure dans les informations publiées : additionner ou extrapoler à partir de ces 130 millions n’aurait aucun fondement. La logique est la même que pour d’autres grands chantiers publics où une enveloppe annoncée a fini par être remise en cause, comme l’a montré le projet de rénovation de la tour Montparnasse, même si les situations n’ont rien de comparable sur le plan juridique : ici, le maître d’ouvrage est l’État.

Études préliminaires : où en est le projet, et ce qu’on ignore encore

L’opération entre en phase d’études préliminaires, sous le pilotage du SGAMI Sud. À ce stade, le lancement du projet ne signifie pas le début des travaux : rien n’indique qu’un chantier soit imminent, et aucune date de démarrage, de fin ou durée de chantier n’a été communiquée.

Ce qui reste ouvert :

  • le calendrier des travaux, entièrement inconnu ;
  • le périmètre définitif, que les études peuvent faire évoluer ;
  • le coût, aujourd’hui prévisionnel, qui dépendra lui aussi de leurs conclusions ;
  • le budget global du programme sur les sept sites, non publié.

Pour suivre le dossier, le SGAMI Sud est l’acteur à regarder : c’est lui qui conduit cette première phase et qui sera en position d’en publier les résultats. Pour un bureau d’études, un architecte ou une entreprise, les prochains signaux utiles seront ceux qui suivent la fin de ces études, et aucun n’est daté à ce jour.